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Un toit pour dix

HD / LD

« Pouvoir proposer des hébergements à ses salariés, permanents comme saisonniers, est devenu indispensable pour recruter », explique Pierre Bot, maraîcher-céréalier dans l’Essonne. 

Pour faciliter leur recrutement, les céréaliers-maraîchers Nathalie Trubuil et Pierre Bot logent huit de leurs salariés à Saclay, dans l’Essonne.

« Pour faire du maraîchage aujourd’hui, il faut des serres, des frigos et des hébergements pour la main-d’œuvre ! Sans logement, nous ne parviendrons pas à recruter. » Dans l’immense hangar agricole de la ferme de Saclay, dans l’Essonne, Pierre Bot et Nathalie Trubuil ont construit trois appartements en 2012 : un grand duplex et deux studios.

Ils logent au total cinq personnes, permanents comme saisonniers. Le couple occupe aussi un appartement dans ce hangar aménagé. Et les parents de Nathalie vivent en face. D’autres salariés, encore, sont hébergés dans un appartement loué à une tante voisine. « En réalité, la ferme est devenue un petit hameau. Il y a du monde tout le temps, qui sort et qui vient… Et de toute façon, nous n’avions pas le choix », explique Pierre Bot.

De céréaliers sans salarié…

Les deux Franciliens ont respectivement repris en 2008 l’exploitation céréalière familiale : Pierre a débuté à Montainville, dans les Yvelines, avec 100 hectares de blé et de maïs, répartis sur des terres très hétérogènes ; Nathalie a commencé à Saclay, dans l’Essonne, avec 250 ha de blé (40 % du total), de colza (20 %), d’orge (20 %) et de maïs (20 %) sur un sol réputé comme le meilleur d’Europe. Il reste l’urbanisation grimpante environnante qui lui a, depuis, grignoté 10 hectares : « C’est une île agricole au milieu de la ville », décrit Pierre, qui doit parcourir jusqu’à 45 km sur son tracteur, dont 25 km en ville pour gagner l’exploitation de celle qui est devenue son épouse en 2016.

… à maraîchers employeurs

Mais la ville et son fort potentiel de consommateurs sont aussi une aubaine pour le couple : en 2010, Nathalie et Pierre se sont associés pour se lancer dans le maraîchage, à Saclay. Un hectare et aucune serre. Mais ce qui, au départ, faisait figure de diversification, est devenu rapidement en 2013 une activité à part entière qui supplante aujourd’hui les grandes cultures, en termes de chiffre d’affaires.

Le couple produit 18 ha des légumes de plein champ et 1,3 ha de légumes sous serre, soit une soixante d’espèces durant toute l’année, vendues surtout à la ferme (90 %). Le reste de la production est livré en panier aux entreprises alentour. L’exploitation n’en finit pas de se développer. « Notre frein principal aujourd’hui, c’est la main-d’œuvre. Pourtant, on n’est pas des mauvais payeurs en termes de salaire… Comment les attirer ? Nous nous sommes rendu compte que de proposer un logement était souvent décisif ».

Un loyer dix fois inférieur

En contrepartie, ils appliquent une retenue sur salaire, « insignifiante » par rapport à ce que coûterait un loyer. « Nous sommes au moins dix fois en dessous du prix du marché dans le secteur. Dans l’Île-de-France, il ne suffit pas de dénicher un logement, il faut aussi pouvoir le payer », explique Pierre, qui note le silence des collectivités sur le sujet. « La commande publique est énorme. On nous dit : “Faites du maraîchage ! Faites du circuit court !” Seulement, il faut pouvoir trouver un logement ou encore investir dans des logements. Donc si les collectivités étaient en mesure de proposer des solutions, ça nous intéresserait évidemment. » D’autant que Nathalie et Pierre figurent parmi les douze derniers exploitants du plateau de Saclay.

À l’école du management

En attendant, Pierre et Nathalie continuent à accueillir les salariés chez eux. Seul hic : garder la bonne distance. « Cela peut être compliqué… Nos salariés étaient tous à notre mariage par exemple. Parfois, on mange ensemble… On vit ensemble, la ferme est un petit village qu’on a même baptisé Erasmus. On ne vit cependant pas tous sous le même toit… Mais c’est plus qu’une simple relation de salariés. »

C’est aussi en duo que le couple fait passer les entretiens individuels chaque année. « Mais attention, on n’a pas fait d’école de management ! insiste Pierre. On gère par le mérite et la convivialité. On part du principe que le travail doit rester un plaisir, malgré les conditions parfois difficiles. Il y a des phases de temps plus relax et conviviales, mais nous sommes aussi exigeants. Ce qui nous importe surtout, c’est le recours au bon sens. »

Rosanne Aries
2 exploitants, 8 permanents, 4 saisonniers

Les permanents (8)

• 1 salarié à temps plein sur les grandes cultures (CDI) ;

• 4 salariés à temps plein pour le maraîchage (CDI) ;

• 2 salariés à temps partiel pour la vente (en CDI intermittents) ;

• 1 salariée à temps partiel pour l’administratif (CDI, 14 heures par semaine)

Les saisonniers (4)

« Deux saisonniers vont démarrer assez tôt dans la campagne et vont travailler 8 mois dans l’année avec nous. Deux autres saisonniers vont venir plus tard dans la saison, pour renforcer encore l’équipe. Nous employons au total 4 saisonniers. »

Nathalie et Pierre emploient surtout de la main-d’œuvre étrangère européenne, dont deux Espagnols, une Portugaise et un Slovaque sur la partie relative à la production. Peu sont français car ils sont rares à postuler et à rester. Le couple trouve ses salariés par le bouche-à-oreille, auprès d’autres exploitants.

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