Dominique Bailly exploite 320 ha à Heitz-le-Maurupt (Marne) avec 50 vaches laitières, 150 brebis et du maraîchage sous serre. Sa main-d’œuvre est constituée de trois salariés à temps plein et d’un salarié quasiment à mi-temps : Damien Crouet, 30 ans, est engagé en CDI depuis janvier 2016. Il est, en réalité, employé par un groupement d’employeurs composé de dix exploitations que gère Dominique Bailly.

Définir précisément le profil

« Nous cherchions deux salariés pour le groupement », raconte Dominique Bailly. « Nous voulions un salarié qui sache bien conduire le tracteur et un second spécialisé dans l’élevage qui souhaitait progresser, aller vers de nouvelles productions. Recruter à plusieurs n’est pas compliqué dès lors que tous les exploitants jouent le jeu, le plus difficile est pour le salarié qui doit s’adapter à toutes les exploitations. »

Mesurer la motivation du candidat

Après deux essais infructueux, Dominique Bailly reçoit sur son exploitation des stagiaires en formation organisée par la FDSEA pour des demandeurs d’emploi. « Les jeunes ne posaient pas de questions, se souvient Dominique Bailly, sauf Damien. J’ai eu le feeling et je me suis dit qu’il pouvait nous convenir. » Autre point positif : il habitait à dix minutes de l’exploitation. Damien Crouet est d’abord embauché en CDD et fait le tour des exploitants pour mieux les connaître, et appréhender leur production. Un deuxième salarié (ami du fils de Dominique Bailly) a été embauché quasiment dans le même temps par le groupement.

Bien définir le planning du salarié

Damien Crouet travaille chez les exploitants par semaine entière. Le planning est réalisé tous les trimestres. Les salariés ont des horaires annualisés avec une moyenne de 35 heures par semaine mais avec des heures supplémentaires payées. « Pour que ça fonctionne bien, il ne faut pas plus de dix-onze employeurs dans un groupement et pas plus de deux salariés », conseille Dominique.

Prendre le temps de le former

Chez Dominique Bailly, Damien Crouet trait les vaches, soigne les veaux et les moutons. « Il s’intéresse à tout avec la volonté de progresser, ce qui est génial ! », souligne Dominique. « Tous les employeurs veulent que ça dure. Donc ils prennent le temps de lui apprendre. Il lui manque en revanche une formation de chauffeur de tracteur. Ce serait utile pour “dessiler” par exemple. Nous cherchons une formation adéquate, mais ce n’est pas simple. »

Ne pas craindre une origine non agricole

Les deux salariés ne sont pas d’origine agricole. Quant à la formation, elle reste à parfaire pour Damien Crouet possède tout de même un Bepa en élevage et le second, un bac pro en grandes cultures, réalisé en apprentissage. « Un candidat qui n’est pas d’origine ou de formation agricole n’est pas un handicap à partir du moment où il est motivé pour apprendre, estime Dominique Bailly. Dans ce contexte, nous avons plaisir à lui consacrer du temps pour transmettre nos savoirs. »

Chantal Urvoy