Une formule pratique…

Pour des missions ponctuelles

Le recours à l’intérim ne doit pas avoir vocation à pourvoir un emploi permanent. Il convient pour une mission ponctuelle, un accroissement temporaire d’activité ou un emploi saisonnier.

Face aux difficultés de recrutement

L’exploitant n’a pas à gérer le recrutement. Il gagne en temps et en argent au regard des délais nécessaires aujourd’hui pour trouver de la main-d’œuvre.

Face au risque contractuel

L’employeur est l’entreprise de travail temporaire et non pas l’exploitant. Ce dernier n’a pas à supporter directement le risque contractuel et donc le risque prud’homal. Il est en revanche responsable des conditions de sécurité sur son exploitation. Si le salarié ne convient pas, l’agence intérimaire est la responsable.

Pour sa flexibilité

La solution intérimaire est simple, pratique, et surtout rapide : il suffit d’appeler l’entreprise d’intérim pour qu’elle vous envoie le profil attendu, suivant le type de mission. Pas de fiche de paye, pas de paperasse. L’exploitant n’est pas l’employeur en direct.

… mais aussi très chère

Surcoût

Le surcoût horaire HT oscille entre 60 et 70 % par rapport à une embauche directe (salaire brut + charges patronales). Seul avantage : une facture d’intérim est payée à 90 jours, tandis qu’un salaire est versé chaque mois.

Coefficient de facturation

L’exploitant communique le salaire brut prévu pour l’intérimaire. L’entreprise d’intérim lui applique un coefficient de facturation tenant compte de la rémunération versée (salaire, précarité, congés), des charges sociales et de sa marge commerciale.

Suivant le poste

Ce coefficient varie de 1,9 à 2,6 selon, notamment, la qualification demandée.

Pour du court terme

L’approche managériale

Les intérimaires sont, par définition, des personnes qui viennent et qui repartent. Aussi importante à peser que celle du coût, l’approche managériale de l’exploitation est ainsi quasi absente en cas de recours à un intérimaire. L’exploitant comble en effet un besoin ponctuel. Et tout ce qu’il investit dans l’intérimaire repart avec lui. L’intérim peut être opportun pour des travaux basiques, qui ne réclament pas de qualification particulière.

Durée de la mission

Recourir à un intérimaire a aussi ses limites. Si la durée minimale de contrat est fixée librement, la durée maximale est de 8 mois pour les travaux saisonniers (18 mois pour d’autres motifs). Le contrat peut être renouvelé deux fois, dans la limite maximale, moyennant un avenant proposé avant le terme prévu.

Rosanne Aries

Expert
Un choix à bien peser Murielle Vandevelde, avocate spécialisée en droit social agricole

« Le recours au CDD saisonnier reste très majoritaire en agriculture. Mais face aux difficultés de recrutement de plus en plus prégnantes sur certains postes, on constate en effet un développement de l’intérim. Et ceci bien que le coût soit nettement supérieur pour l’entreprise. Ce qui n’est pas sans poser des problèmes de compétitivité… C’est, disons, une façon de s’acheter une forme de tranquillité.

Pourtant, lorsque les conditions d’embauche en CDD sont bien préparées en amont avec l’employeur sur le plan juridique, le risque contractuel est maîtrisé. Notre expérience des contentieux agricoles aux côtés des employeurs depuis plus de 20 ans nous montre que les sanctions tombent lorsque les CDD sont mal rédigés ou que leur suivi est insuffisant.

En revanche, lorsque le cadre est bien posé en amont, que l’employeur est bien formé et qu’il connaît les règles de base du CDD, les risques de contentieux prud’homaux diminuent très fortement. »