Sept cents exploitations des Pays de Pontivy, dans le Morbihan, et de Loudéac, dans les Côtes-d’Armor, ont reçu récemment un courrier leur proposant un accompagnement autour des problématiques de l’emploi et de l’organisation de travail. De quoi s’agit-il ?

Christian Barbier, chef du service du conseil aux entreprises : cette opération consiste à détecter les exploitations en situation de fragilisation ou d’interrogation autour de questions d’organisation du travail et d’emploi. Concrètement, il s’agit de repérer des exploitants devant faire face au départ d’un associé, à une augmentation du volume de production, une difficulté de gestion de salariés, ou en questionnement sur le fait d’embaucher un salarié ou de s’associer.

Comment ont été détectées ces exploitations en situation de fragilisation ou d’interrogation ?

Parmi les 2 700 exploitations du territoire de Pontivy-Loudéac, 700 ont été démarchées par courrier. Parmi elles, et suivant leurs retours, 245 sont actuellement contactées. Au final, 120 exploitations feront l’objet d’un accompagnement individuel, d’ici au 30 octobre 2018, pour les trois quarts. Pour les autres, cet accompagnement surviendra d’ici au 30 octobre 2020.

De quel type d’accompagnement vont bénéficier ces 120 exploitations ?

Les chambres d’agriculture du Morbihan et des Côtes-d’Armor proposent aux chefs d’exploitation, un accompagnement individuel et gratuit, sur un, voire deux jours, pouvant aller de la simple orientation à un accompagnement stratégique. Cet accompagnement a pour but de les aider à définir une stratégie, et à les orienter vers les interlocuteurs qui leur permettront de mettre en œuvre les solutions retenues.

Pourquoi avoir mis en place une telle opération ?

Nous sommes partis du constat suivant : chaque fois que des actions collectives autour de l’emploi, de la formation ou autres, sont mises en place dans la région, elles ne rencontrent pas l’écho escompté. C’est-à-dire que par rapport aux attentes ou aux besoins des exploitants sur ces problématiques, les acteurs de l’emploi n’apparaissent pas autant sollicités qu’ils devraient l’être. L’entrée collective est certainement une limite. C’est pourquoi l’accompagnement proposé est bien individuel. Toutefois, plus largement, une journée sur l’emploi et l’organisation du travail sera également organisée le 4 décembre 2018, à Pontivy, dans le Morbihan.

Ce qui interroge dans votre démarche est que la problématique majeure en matière d’emploi reste le recrutement et la pénurie de candidats. Comment y répondez-vous ?

Clairement, dans le cadre de ce projet, nous ne répondons pas aux questions d’attractivité des métiers de l’agriculture qui font l’objet d’autres actions par ailleurs. Toutefois, ces plans d’actions vont permettre à l’exploitant de mieux définir ses besoins, et donc de faciliter son recrutement. De connaître par ailleurs l’ensemble des offres de la région peut permettre de les mutualiser. Un salarié pourrait ainsi satisfaire les besoins de deux exploitants. L’ensemble des acteurs auront une vision plus fine des besoins en main-d’œuvre des exploitants de la région.

Les audits seront menés par les chambres d’agriculture, qu’en est-il des plans d’actions ?

En fonction des plans qui auront été définis, toutes les organisations professionnelles agricoles susceptibles de contribuer à leur mise en œuvre interviendront : les chambres d’agriculture, les services en charge de l’emploi des FDSEA, les fédérations de Cuma, AEF emploi (Association Emploi Formation), les services de remplacement et les groupements d’employeur. Ces accompagnements seront gratuits pour l’exploitant, car financés par l’État et la Région dans le cadre du Comité territorial emploi formation (CTEF) de Loudéac-Pontivy, un service public destiné à maintenir et développer l’emploi dans ces territoires.

Propos recueillis par Rosanne Aries