Votre groupement d’employeurs permet-il à un candidat qui n’aurait pas postulé pour un poste en agriculture, d’y être progressivement amené ?

Hélène Antoniolli : Le groupement d’employeurs 4 Saisons a été créé en 1994 dans le département du Gers par deux coopératives, Vivadour et Plaimont, ainsi que par des agriculteurs. Depuis, il est devenu multisectoriel : aujourd’hui, 15 % des heures se font en agriculture, 70 % en agroalimentaire et le reste dans le transport, l’industrie, le commerce ou les administrations. Ces autres domaines d’activité prennent de plus en plus d’ampleur et certains de nos salariés, quel que soit leur degré de compétence ou leur métier, naviguent en effet entre ces différents secteurs. C’est l’un de nos avantages. Au total, nous faisons travailler 860 personnes par an, dont 65 salariés permanents, qui réalisent 265 000 heures de travail pour 190 entreprises adhérentes.

Par quelle voie passez-vous pour recruter ?

En dehors de l’activité des semences agricoles pour laquelle nous avons créé un service dédié, nous recrutons par le biais d’annonces. En parallèle, nous recevons 350 candidatures spontanées par an qui donnent lieu à environ 150 entretiens. Les embauches se font en CDD, saisonniers ou non, et en CDI. Nous partons toujours de l’employeur en analysant ses besoins, puis proposons à nos salariés une formation en conséquence. Nous consacrons un budget de 3 % de notre masse salariale à la formation. Chacun peut ainsi se qualifier et développer ses compétences. Notre objectif est de travailler sur le long terme, avec des candidats formés. Pour ce faire, il faut aussi que les entreprises adhérentes ne fassent pas appel à nous au dernier moment. Plus elles anticipent, mieux nous pouvons nous organiser pour répondre à leurs besoins.

Quelles sont les demandes des exploitants ?

Nous recevons régulièrement des demandes pour de la conduite de matériel agricole et pour les seconder sur les exploitations, mais aussi, et c’est nouveau, pour répondre aux exigences administratives, de communication ou encore de prévention en matière de sécurité. Ces demandes plus particulières aboutissent rarement. Les agriculteurs finissent par choisir quelqu’un de leur entourage ou par renoncer. Mais la majorité fait bien appel à nous pour des ouvriers agricoles et leurs encadrants.

Comment parvenez-vous à fidéliser vos salariés ?

La fidélisation est très importante chez nous, car pour intéresser et adapter les compétences des salariés sur le long terme, ça nous demande beaucoup de travail. Nous avons bien entendu de belles réussites, avec des parcours de plus de 20 ans jusqu’aux départs à la retraite. Mais ce n’est pas toujours le cas : il y a deux ans, nous avons recruté beaucoup de jeunes et investi pour les former. Seulement, rares sont ceux à être restés. C’est la nouvelle génération ! Ils n’entendent pas se cantonner à un seul métier dans leur vie. À nous de les comprendre. Pour y parvenir, nous devons réussir à faire de l’individuel dans du collectif, c’est notre nouveau défi.

Propos recueillis par Florence Jacquemoud