La quadrature du cercle. D’un côté, les uns rêvent « d’aller vers un CDI environnemental payé par le conseil général… C’est ce qu’on leur enseigne à l’école », ironise Laurent Larlet, chasseur de têtes. De l’autre, « la majorité des agriculteurs qui recrutent commencent par nous dire : « Je recherche quelqu’un comme moi » », constate Isabelle François, directrice de l’Anefa (1).

Le job en or

En bout de course : « Cela fait deux ans que je cherche un salarié agricole en CDI, à temps plein, pour la traite, raconte Lynda Dupont, exploitante à Fontenelle, dans l’Aisne. J’ai vu plusieurs personnes, mais la plupart ne connaissait rien à l’agriculture. J’en ai formé… Ils sont partis. Il est devenu très dur de trouver quelqu’un. » Et de le garder.

Si recruter un salarié a toujours été difficile en agriculture, une crise de la main-d’œuvre opère depuis un an, allant jusqu’à atteindre les emplois non qualifiés. Face à la pénurie, les agriculteurs s’écartent des acteurs habituels de l’emploi et s’orientent vers les réseaux sociaux et les sites de petites annonces gratuits. D’autres choisissent l’emploi partagé, ou d’y mettre le prix en passant par l’intérim ou un cabinet de recrutement.

Toutefois, reste l’obstacle de taille du déficit d’image qui colle à la peau des producteurs. Comment faire du porcher un job en or ? Pour faire sa mue, la profession tente de s’inspirer des artisans.

(1) Association nationale emploi formation en agriculture.