Le secteur agricole compte près de 36.000 apprentis. « Les gouvernements successifs montrent une vraie volonté de développer l'apprentissage », constate Patrick Guès, responsable de la communication à l'Union nationale des MFR, qui voit dans cette formation « une porte d'entrée formidable dans le monde du travail ». La complexité des démarches freine parfois les employeurs agricoles. Voici quelques repères.

Règles d'accueil

• Contrat de travail

L'apprentissage est un contrat de travail à part entière. En tant qu'employeur, le maître d'apprentissage doit satisfaire à toutes les démarches liées à une embauche : signature d'un contrat de travail, création d'un registre du personnel s'il n'existe pas, rémunération juste de l'apprenti... Sans parler des règles relatives à la sécurité sur l'exploitation (lire l'encadré).

• Compétence

L'employeur doit justifier de sa compétence professionnelle (diplôme ou expérience). En tant que tuteur (qui peut aussi être un salarié désigné), il s'engage à prendre le temps d'accompagner le jeune, d'échanger avec lui sur son travail, de le conseiller... Le tout en étroite relation avec le Centre de formation des apprentis (CFA) dont relève le jeune.

Accompagnement : chambre d'agriculture

Pour trouver des apprentis, les agriculteurs peuvent contacter le CFA proche de chez eux (une MFR ou un autre établissement scolaire). Le CFA peut les aider à rédiger le contrat de travail, définir les tâches à accomplir, assurer le suivi pédagogique... De même que les chambres d'agriculture, qui disposent de services dédiés. Ce sont d'ailleurs elles qui enregistrent le contrat d'apprentissage.

Aides financières : prime de 1.000 €

L'employeur peut bénéficier d'aides financières : une prime de 1.000 euros par an pour l'embauche d'un apprenti et l'exonération des charges sociales. Il existe également un crédit d'impôt apprentissage de 1.600 euros, ouvert aux exploitations soumises à un régime réel d'imposition. Il est limité à la première année.

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• Le portail de l'alternance : www.alternance.emploi.gouv.fr

• Le site du ministère du Travail : www.travail-emploi.gouv.fr (onglet « apprentissage »).

A télécharger : 

Rémunération mensuelle de l'apprenti selon son âge et son ancienneté

Téléchargez le tableau.

Expert : Patrick Guès, de l'Union nationale des Maisons familiales rurales (UNMFR)

« Soyez irréprochables sur la sécurité »

« Quand on est jeune, on peut monter sur une échelle. C'est quand on vieillit que ça se complique, a déclaré le président François Hollande lors de la présentation du choc de simplification, le 30 octobre dernier. En matière d'apprentissage ou de stage, la sécurité sur l'exploitation est primordiale. Il faut pourtant laisser assez de marge au jeune pour qu'il puisse travailler...

Il appartient à l'employeur d'assurer la sécurité de ses salariés, apprentis et stagiaires. Il doit procéder, avant toute chose, à l'évaluation des risques dans le document type prévu à cet effet (document unique d'évaluation des risques). S'il accueille un apprenti âgé entre quinze et dix-huit ans, il aura besoin, au préalable, d'une autorisation de l'inspection du travail pour lui faire réaliser des travaux qualifiés de dangereux (utilisation d'un roundballer pour le foin, maniement des produits phytosanitaires...).

Il est par ailleurs tenu d'assurer une formation pratique à la sécurité, atelier par atelier, au moment de l'embauche. Du reste, les apprentis bénéficient de la protection des salariés contre les accidents du travail et les maladies professionnelles. »

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Patrick Guès anime un blog consacré à l'actualité des formations par alternance : www.patrickgues.wordpress.com.

Alain Cardinaux (publié le 21 novembre 2014)