Entre les récoltes d’asperges, de fraises et les vendanges, les exploitants allemands ont recours à environ 290 000 saisonniers. Une bonne partie de ces travailleurs vient de la Pologne, de la Roumanie et de la Bulgarie, profitant de la libre circulation au sein de l’Union européenne.

Vers des tâches moins pénibles

Or, avec l’amélioration de la situation économique dans ces pays de l’Europe de l’Est, les agriculteurs outre-Rhin craignent une pénurie de main-d’œuvre dans les années à venir. « Les bons éléments, ceux qui parlent l’allemand et qui prennent des responsabilités, font de plus en plus défaut, témoigne Simon Schumacher, directeur de l’association des cultivateurs d’asperges et de fraises du sud de l’Allemagne (VSSE). Ils trouvent du travail comme livreur ou dans la construction, des tâches moins pénibles que le saisonnier agricole ».

Augmenter la rémunération ne semble pas un moyen de fidéliser les saisonniers, selon les professionnels. « Avec l’introduction du salaire minimum (8,84 €/h, ndlr), nous avons constaté que de nombreux travailleurs partent prématurément », leur objectif financier atteint, indique M. Schumacher.

Vers des emplois plus stables

Il n’a pas non plus d’espoir de convaincre des demandeurs d’emploi locaux dans une région en quasi-plein emploi : « Être saisonnier n’ouvre pas de porte vers un emploi stable. »

Pour résoudre le problème, qui concerne également l’Autriche, les employeurs agricoles veulent aller chercher de la main-d’œuvre en dehors de l’Union européenne. Pour les Balkans, une dérogation européenne le permet jusqu’en 2020. L’Ukraine est également sur la liste, mais Berlin devrait passer d’abord un accord bilatéral avec Kiev.

Luc André, correspondant à Berlin