La pratique gagne progressivement du terrain dans la profession : les employeurs agricoles sont de plus en plus nombreux à s’interroger sur l’opportunité d’un cadeau à leur salarié pour Noël. Et ce, d’autant plus quand l’année a été bonne.

Savoir remercier son salarié contribue en effet à entretenir de bonnes relations, à le fidéliser et donc à agir sur la performance de son exploitation. Mais jusqu’où aller ? Que faut-il offrir ?

Chèque cadeau, déjeuner, des vacances en plus

D’après les usages, le présent le plus classique et le plus efficace est le chèque cadeau. Il s’adapte en effet aux envies de chacun, même si certains le considèrent facile et peu personnel. Le cadeau comme le mug, la casquette personnalisée ou la paire de chaussettes peut concourir à toucher son bénéficiaire… ou à le décevoir de ne pouvoir choisir lui-même ce qui lui aurait fait réellement plaisir. Le cadeau événement, avec un déjeuner au restaurant par exemple, a l’avantage de créer du lien mais de révéler aussi les réfractaires à partager plus qu’une vie professionnelle. Bref, le cadeau idéal n’existe pas, et il est difficile de contenter tout le monde, voire impossible. D’après un sondage réalisé par l’institut OpinionWay, les salariés plébisciteraient en réalité pour Noël une promotion, des vacances supplémentaires, ou encore un nouveau chef dont le leadership et l’efficacité leur permettraient de progresser. En clair pour faire son choix de cadeau, mieux vaut-il encore regarder du côté des charges sociales.

Pas plus de 166 euros

Les bons d’achat et les cadeaux offerts par le chef d’exploitation sont en effet exonérés des cotisations et contributions sociales lorsque leur montant global ne dépasse pas 5 % du plafond mensuel de la sécurité sociale, soit 166 € pour 2018 (contre 163 € pour 2017). Ces avantages doivent par ailleurs :

  • présenter un lien avec un événement précis,
  • avoir une utilisation déterminée en relation avec l’événement,
  • correspondre à un montant non disproportionné par rapport à cet événement.

Le chèque cadeau est le cadeau préféré des employeurs pour leurs salariés. ©Jean-Claude Grelier / GFA

«Ces trois conditions doivent être remplies sinon les bons d’achat ou cadeaux sont soumis aux cotisations et contributions sociales pour leur montant global, en totalité, et dès le premier euro», explique Patrice Villerot, expert-comptable au sein du cabinet Aucap-Terravéa, du groupement AgirAgri. Le plafond permettant l’exonération s’applique par événement et par année civile. Les bons d’achat sont donc cumulables, par événement, s’ils respectent le seuil de 5 % du plafond mensuel.

La remise gratuite au salarié de matériels informatiques ou de logiciels totalement amortis est également exonérée dans la limite de 2 000 € par an et par bénéficiaire. Par ailleurs, les chèques-lire et les chèques-disque sont totalement exonérés de charges sociales.

De Noël à la Sainte-Catherine

Offerts aux salariés par le comité social et économique ou directement par l’employeur dans les entreprises de moins de 11 salariés, ces cadeaux peuvent être distribués à l’occasion des fêtes de fin d’année comme Noël, ou d’autres événements concernant directement le salarié : une naissance, un mariage ou un Pacs, un départ à la retraite, la rentrée scolaire, la fête des mères et des pères et même la Sainte-Catherine.

Une TVA récupérable sous condition

Lorsque le plafond de 5 % est respecté, l’avantage obtenu par le salarié n’est pas imposable à l’impôt sur le revenu, et la charge est déductible de l’impôt sur les sociétés. Dans le cas contraire, le cadeau constitue un avantage en nature pour le salarié, qui doit être soumis à des charges sociales et à l’impôt sur le revenu. La TVA est par ailleurs récupérable lorsque la valeur du bien ne dépasse pas 65 euros (TTC) par bénéficiaire et par an.

Rosanne Aries