Ils sont en reconversion ou en manque de qualifications. Repérés par le Geiq (groupement d’employeurs pour l’insertion et la qualification) ou par l’agriculteur lui-même, ils suivent une formation en alternance d’un an, destinée à les former aux métiers du secteur. En 2017, 560 personnes ont suivi ce parcours, à la fois sur une exploitation et au sein d’un des 12 Geiq agricoles et espaces verts du pays. 74 % d’entre eux ont été engagés à l’issue de leur formation.

Une formation « opérationnelle »

A la tête des « Vergers de la Tesserie », Pascal Pineau et son épouse Stéphanie, arboriculteurs à Saint-Pierre-Montlimart dans le Maine-et-Loire, font appel depuis cinq ans au Geiq Agriqualif des Pays de la Loire, basé à Angers. La force du dispositif vient, selon eux, de la formation proposée : « Nous en sommes à notre cinquième salarié issu du Geiq. Cela se passe très bien parce que la formation est adaptée et opérationnelle : elle a été mise au point par le groupement avec le syndicat des producteurs de fruits. Ce qui signifie qu’elle répond à nos attentes, contrairement à de nombreuses autres formations », explique Pascal Pineau.

Difficultés de recrutement

Producteurs de pommes et des poires sur 240 hectares, les époux Pineau emploient 45 permanents ainsi que des saisonniers. « Durant la saison de la cueillette, on monte jusqu’à 250 personnes sur l’exploitation. Au total, ça nous fait une centaine d’équivalents temps plein ». Sur les 45 permanents, une dizaine travaille à la station fruitière (pour le stockage et le conditionnement des fruits), 25 sont affectés aux vergers, 4 au service maintenance et 2 au service administratif.

« Nous rencontrons des difficultés de recrutement sur les permanents et les saisonniers. Même embaucher de la main-d’œuvre étrangère, comme nous le faisons aujourd’hui, ça devient compliqué. Pour les permanents, c’est le parcours du combattant ». L’exploitant trouve ses recrues parmi ses saisonniers le plus souvent. « L’Adefa (l’association départementale pour l’emploi et la formation, N.D.L.R.) nous aide aussi… Pôle emploi, ils font ce qu’ils peuvent… Et nous avons désormais recours au Geiq ».

Un planning adapté à l’exploitant

Le chemin le plus court vers un bon recrutement n’est pas toujours celui le plus académique : « La plupart des candidats à la formation ne connaissent pas grand-chose à l’agriculture, ils ont pu l’appréhender à l’occasion d’une saison… Mais c’est tout. Ils ont en revanche la motivation pour eux. Et ils vont pouvoir rapidement l’évaluer au contact direct du métier. S’il ne leur convient pas, ils le sauront rapidement. »

Quarante-quatre jours en centre de formation, le reste de l’année, ils sont mis à la disposition de l’exploitation. « Les stagiaires, qui ont le statut de salarié, passent quelques jours par mois à l’école et tout le reste sur l’exploitation. Durant la haute saison, ils ne sont qu’avec nous, poursuit Pascal Pineau. Même s’ils apprennent vite, il faut se montrer patient. C’est sûr, c’est un investissement pour l’entreprise. Mais ce sont aussi de futures recrues : la finalité est bien de les embaucher à l’issue de leur formation. »

La reconversion, un vivier

Sur les cinq stagiaires formés par la famille Pineau, deux ont été engagés en CDI, l’un a fini sa formation, mais a souhaité s’engager sur d’autres projets, « et j’en ai deux autres actuellement en formation chez moi ».

En ce qui concerne le salaire, c’est le Geiq qui embauche les candidats durant leur année de formation. « Il m’envoie des factures de prestation de services, suivant les heures réalisées par le stagiaire. Au final, il y a un léger surcoût, mais il est négligeable pour moi, au regard de tous les aspects administratifs qui sont réglés par le Geiq. » Une prise en charge est prévue par le Fafsea.

Outre les agents arboricoles qualifiés, le Geiq Agriqualif des Pays de la Loire forme également des salariés pour la polyculture-élevage, le maraîchage et la viticulture. Il assure le suivi des alternants avec des bilans réguliers, ainsi que toutes les démarches administratives. Une centaine d’entreprises y adhèrent.

Rosanne Aries