Quand son frère quitte l’entreprise familiale, Olivier Flambert recrute une jeune diplômée pour s’occuper des affaires sociales de l’entreprise. Au bout de quelques mois, il s’aperçoit que cette tâche n’occupe pas la jeune femme à temps plein, et il lui propose alors de prendre en charge de nouvelles activités plus proches de la production.

Cependant, la jeune femme refuse de diversifier ses missions et quitte l’entreprise. C’est le groupement d’employeurs Idées qui vient peu après au secours d’Olivier, en lui proposant les services d’une responsable RH en temps partagé.

Adapter les services support à ses besoins

Florence Roquigny commence à travailler pour Sodine il y a un an environ. D’abord fixé à un jour par semaine, le jeudi, son temps de travail est rapidement étendu au vendredi. « Le premier objectif que je lui ai fixé, explique Olivier Flambert, c’était de ramener de la sérénité. Les cadres avaient besoin d’un coup de main sur le social, un aspect essentiel de la vie d’entreprise. »

Après un audit de quelques mois, Florence s’attache donc à consolider la sécurité juridique au sein de l’entreprise. Règlement intérieur, contrats de travail... : en fixant les modalités du « travailler ensemble », elle facilite le retour du calme tant attendu. « J’ai aussi formé les quatre cadres de Sodine à la conduite d’entretiens professionnels », souligne-t-elle. Là encore, la jeune femme, grâce à son expérience dans de grandes entreprises, propose de nouvelles méthodes. « On croit qu’on échange tous les jours, mais il faut prendre un temps pour cela, au moins deux heures, pour poser les choses entre les responsables et les employés. »

Olivier Flambert tire un bilan très positif de cette expérience sur l’année écoulée. « Je trouve que le système est excellent parce qu’il permet d’adapter le temps de travail de la personne aux besoins réels de l’entreprise. » Inutile, en effet, dans un groupe de soixante-quinze personnes d’avoir une RH à plein temps comme le ferait une entreprise de 150 ou 200 personnes. Florence Roquigny estime également que les deux jours qu’elle consacre à l’entreprise sont suffisants. « Et même, explique-t-elle, si un jour je pense que le besoin a évolué, dans un sens ou dans l’autre, je n’hésiterai pas à le dire. »

Comment ça marche ?

La directrice du groupement d’employeurs, Priscille Appert, a d’abord aidé Olivier Flambert à définir précisément ses besoins. « Des entreprises pensent qu’elles ont besoin d’une responsable RH, raconte Florence, mais il s’agit parfois plutôt d’une comptable, ou d’une secrétaire. » Au stade du recrutement, mieux vaut donc se reposer sur le groupement, pour préciser clairement la mission attendue, et identifier le profil le plus adapté.

Une fois le besoin établi, le groupement peut proposer un, ou plusieurs profils. Le chef d’entreprise reçoit alors les candidats, comme pour un poste classique, et décide ou non de travailler avec eux. Différence majeure du système par rapport à un contrat classique d’embauche : la personne recrutée reste salariée du groupement d’employeurs.

« Sur mon poste RH, explique Florence, il y a peu de sujets qui nécessitent ma présence hors de mes jours de travail. » En un an, la jeune femme a été appelée deux fois seulement en dehors du jeudi et du vendredi, pour des accidents de travail. Les fonctions administratives se prêtent ainsi facilement au recrutement en temps partagé, puisqu’elles sont éloignées des urgences de la production.

Faut-il avoir peur des fuites ?

Inutile, pour Olivier, de craindre les conflits d’intérêts ou le manque de confidentialité. « Vos salariés ont eux aussi accès à des informations à risque, comme les résultats de l’entreprise, les fiches de paie, ou les synthèses d’entretien. Il s’agit d’avoir la même confiance envers votre RH. Sinon, de toutes les façons, ça ne vaut pas la peine de la recruter. »

Selon Florence, naviguer entre plusieurs entreprises lui permettrait même de gagner en efficacité. « Auparavant, je mettais trois ou quatre mois pour faire un règlement intérieur, mais aujourd’hui, je peux le terminer en un ou deux mois. Avoir des expériences dans plusieurs structures me permet de gagner du temps, et de reproduire les bonnes pratiques. »

Ivan Logvenoff